Saison 2026: météo imprévisible et trompeuse pour les golfs du Québec
28 October 2026
L’Association des surintendants de golf du Québec (ASGQ) tenait son Omnium Paulo Roberge, le 28 septembre dernier, au Club de golf Royal Québec. Ce fut l’occasion, pour les membres, de tracer un bilan de leur saison 2026. Ils s’accordent sur le côté imprévisible et plus que jamais trompeur de la météo.
À écouter parler les uns et les autres, lors du brunch qui a précédé le tournoi, c’est un peu comme s’il y avait eu autant d’étés différents que de régions dans la province. Pour certains ce furent des périodes de pluie abondante suivies de sécheresse. Pour d’autres, une année à récupérer les dégâts aux allées et aux verts causés par la glace de l’hiver suivis d’un printemps froid. Et pour les chanceux, notamment dans la région de la Capitale nationale, une saison presque parfaite.
À Trois-Rivières, le surintendant du Golf Métabéroutin, Jérémy Dumulong, a dû composer avec des pluies abondantes en juillet.
« Il a fallu traiter les verts et les aérer aux deux semaines afin d’éviter le développement de maladies, précise-t-il. À la fin de juillet, nous avons dû procéder à de l’extraction, ce qui est plutôt rare en pleine saison. Juillet a vraiment été une période difficile, mais nous nous en sommes sortis ».
À seulement une cinquantaine de kilomètres plus au nord, à Sainte-Flore, le surintendant Dominique Gélinas parle pourtant d’une saison idéale.
« Certainement l’une des meilleures années en vingt ans, dit-il. Nous l’avons vraiment eu facile. Nous n’avons pas fermé le terrain une seule fois. Rien à combattre de particulier. Pas de période de grande sécheresse. Les conditions ont continué d’être excellentes en septembre ».
François Séguin, du Club Laurier, parle lui aussi d’une belle saison: « Le terrain n’a été fermé que quatre jours en comparaison de l’équivalent de trois semaines en 2025. Nous avons rencontré moins de conditions météorologiques extrêmes qu’au cours des dernières années ». Il constate par contre que les premières gelées sont arrivées plus tôt en septembre.
Daniel Dufour, du Club la Madeleine, estime que la nature a été bonne et que le beau temps de septembre a permis de bien se préparer en vue de l’hiver. Aux Dunes, à Sorel, Michael Gauthier dit pour sa part avoir quand même reçu beaucoup de pluie. Benjamin Painchaud, du Golf Lachute, parle d’une première moitié de saison pluvieuse, mais d’une suite spectaculaire.
« En raison de la chaleur et du haut taux d’humidité, raconte-t-il, il nous a fallu être vigilants durant une période de quatre à cinq semaines et s’assurer de bien aérer les verts ».
Le Saguenay-Lac-St-Jean a par ailleurs été grandement affecté par de fortes pluies, surtout en juillet. Olivier Rochon du Club de golf d’Arvida a vu plusieurs journées être gâchées durant les vacances de la construction. « La saison 2026 a été pour moi l’une des plus difficiles. Je préfère la sécheresse à la pluie. Avec les systèmes d’irrigation ’aujourd’hui, il est bien plus facile d’ajouter de l’eau sur un terrain sec que d’en retirer ur un terrain détrempé. Le temps consacré pour la maintenance en raison des précipitations demeure du temps en moins pour effectuer des travaux d’amélioration ».
Aux dires de Danny Cragg du fournisseur de fertilisants Nutrite, le début de saison a été difficile pour plusieurs terrains en Beauce, en Estrie et sur la Rive Sud de Montréal. « La glace a détruit beaucoup de gazon. Le printemps exécrable et le manque de chaleur a diminué l’effet des engrais. Certains terrains ont mis beaucoup de temps à récupérer.» Il ajoute que des terrains n’ont pu avoir une mise en hibernation parfaite à la fin de la saison 2025 en raison d’une première neige hâtive qui n’est jamais disparue. Il s’attend à ce que certains terrains ferment plus tôt cette année.
Le président de l’ASGQ et surintendant au Ki-8-Eb à Trois-Rivières, Jean-François Marinier, constate que les données météorologiques ont changé au cours des dernières années. « Les surintendants s’habituent à vivre avec des conditions souvent extrêmes, explique-t-il. Avant, ils auraient trouvé la saison 2026 très difficile. Avec ce qu’ils ont vécu au cours des deux ou trois dernières années, ils considèrent finalement qu’elle n’a pas été si pire que cela. » Monsieur Marinier conclut en indiquant que les considérations reliées aux enjeux de main-d’œuvre et aux coûts exorbitants de l’équipement et des pièces de remplacement ajoutent une difficulté supplémentaire au travail des surintendants.
Par Martial Lapointe, journaliste