Virage bio: quand les géraniums s’occupent des scarabées…
26 April 2026
Une petite bibite orange très envahissante que le fameux scarabée japonais. Mais voilà, dans son programme de transformation bio enclenché il y a 2 ans, le club de golf Country Club de Montréal, à St-Lambert, a trouvé une solution efficace et originale: mettre des géraniums blancs dans les plate-bandes florales!
«C’est mon fils qui a trouvé cette solution. Et ça marche très bien, croyez-moi», affirme le surintendant du club, M. Bernard Lefebvre.
En 2023, la ville de St-Lambert donnait 2 ans au club de golf pour cette conversion bio; finie l’utilisation de pesticides. La direction du club a alors embarqué dans le programme que M. Lefebvre a mis en place pour justement répondre aux nouvelles normes municipales en matière environnementale.
«Ce fut quand même un programme très coûteux, avec l’embauche de 10 employés de plus et l’acquisition d’équipements, explique le surintendant. Mais bon, il fallait bien s’engager dans ce processus.»
Plusieurs initiatives ont donc été mises en branle pour répondre à ces attentes, dont la plantation de géraniums blancs. M. Lefebvre précise:
«Mon fils Gabriel, qui est dans mon équipe, a fait des études en horticulture. Il a fait des recherches et c’est ainsi qu’il a trouvé la solution avec les géraniums blancs. Il y a d’autres plantes qui sont efficaces pour faire le travail de certains pesticides, mais pour les scarabées japonais, le géranium blanc fait très bien le travail.»
Le principe, en plus, est assez simple. Les géraniums blancs attirent ces coléoptères asiatiques. Ces fleurs agissent sur l’insecte en rendant le mâle non fécond. Elles le paralysent, l’empêchant de féconder une femelle. Paralysé, le scarabée est alors gobé par les oiseaux.
«Il arrive que des femelles soient néanmoins fécondées, mentionne M. Lefebvre, mais, instinctivement, elles pondent leurs œufs près des lieux où elles ont été fécondées. Nous aspergeons alors nos produits bio uniquement aux alentours des plates-bandes, pas besoin d’arroser tout le terrain.»
Ces scarabés sont à l’origine de la prolifération des fameux vers blancs qui causent des dégâts importants dans les fairways quand les moufettes, qui en raffolent, se mettent à table. Quand il est possible de voir, sur des allées, de nombreux petits trous, comme si de minuscules mines avaient éclaté, c’est justement l’œuvre des bestioles qui fouillent la terre pour gober les vers blancs.
Cette démarche avec les géraniums blancs demeure l’une parmi quelques autres dans le programme de virage bio élaboré au Country Club de Montréal. Selon M. Bernard Lefebvre, les autres initiatives se situent surtout au niveau des pratiques culturales.
Un exemple de ces pratiques différentes: l’élimination de la rosée tôt le matin et l’élagage des arbres sur le bords des allées pour permettre au vent de souffler et assécher l’herbe. Cette façon de faire permet d’éviter l’apparition de certaines maladies dans le gazon.
Pas de doute, cette initiative va faire des petits au sein de la communauté golfique au Québec.
Il existe quelques préjugés à l’endroit des terrains de golf comme quoi ils n’ont pas de bonnes pratiques environnementales… Pourtant, chez les surintendants des clubs, la question environnementale arrive haut sur leur liste de préoccupations.
Oui, bien sûr, ce sont les autorités municipales de St-Lambert qui ont poussé le Country Club à agir, néanmoins, il faut souligner l’effort de l’équipe de terrain et le support de la direction et des membres.
Auteur de l’article : Martial Lapointe