Distinctions honorifiques 2026 : quand les émotions, la détermination et la passion s’expriment…
26 March 2026
La gorge nouée, Claude Landry doit faire une petite pause pendant son allocution. Puis, relevant la tête, il lance : «J’aurais aimé qu’il soit là… Mon père est en phase terminale d’un cancer. J’ai tout appris de lui. Ce prix, il est aussi pour lui.»
La soirée gala du séminaire annuel de l’Association des Surintendants de Golf du Québec (ASGQ) a été ponctuée, le 10 mars dernier, d’un moment fort en émotions. Quand Claude Landry, surintendant au club Du Moulin et récipiendaire du prix Roger Baccichet, a prononcé son petit discours de remerciements, il ne pouvait éviter ce bref hommage à son père.
«Comme j’aurais aimé qu’il soit là!», affirme M. Landry lors d’un échange quelques jours après cette soirée.
En gros, le prix Roger Baccichet est attribué à un surintendant en reconnaissance de son engagement dans la profession. Et pas de doute, Claude Landry se donne à fond, est toujours en première ligne pour expliquer et vulgariser le travail des surintendants. Très actif sur les réseaux sociaux, ses posts sont dynamiques et, sur un ton léger, montrent bien les différentes facettes du métier.
«Je crois bien être le premier à avoir créé une page du surintendant sur Facebook. D’autres ont suivi et c’est bien. Cette démarche ne vise pas seulement à informer le public, mais à rejoindre les jeunes qui naviguent constamment sur les réseaux sociaux.»
Les jeunes… Pendant l’entretien, M. Landry nous parle avec fierté de ceux qu’il a guidés; l’un qui est devenu surintendant en titre pour un autre club, un autre qui vient d’accepter un poste similaire dans une autre région et ceux qui vont leur succéder même s’il ne les connaît pas encore.
«Ils vont eux aussi attraper notre passion», glisse en riant celui qui compte 45 ans de métier, dont 20 ans auprès de M. Clément Ladouceur, le propriétaire du club Du Moulin, du Métabéroutin et du Ste-Flore, et envers qui il est très reconnaissant.
«C’est un homme inspirant, insiste Claude Landry. M. Ladouceur est parti de rien. Il a commencé comme cadet puis a gravi les échelons jusqu’à devenir un acteur important dans l’industrie du golf en Mauricie avec ses trois clubs.»
Virage bio
Le prix Bob Trevis en est un soulignant le travail d’un surintendant confronté à un défi. Cette année, il a été remis à M. Bernard Lefebvre, du Country Club à St-Lambert, qui a mis en place un programme de transformation bio des opérations reliées à l’entretien du terrain.
En 2023, la municipalité de St-Lambert a donné deux ans au club pour se conformer à de nouvelles mesures environnementales bannissant, entre autres, l’usage de pesticide. Dès l’annonce de cette décision municipale, Bernard Lefebvre et son équipe se sont aussitôt attaqués au défi.
«Je suis très honoré par ce prix, tient-il à préciser lors d’un entretien peu après la soirée gala. Car le travail que nous avons fait pour ce virage bio, je crois sincèrement qu’il va en inspirer d’autres. Nous n’avons pas eu le choix de nous atteler à la tâche, nous avons travaillé fort, nous avons découvert des pratiques innovantes et nous avons réussi.»
Des initiatives surprenantes et originales ont été posées pour mener à bien le projet. Le surintendant mentionne, entre autres, celle voulant qu’en plantant certaines fleurs, il est possible d’éliminer des insectes envahisseurs sans pour autant utiliser des pesticides chimiques.
«Et ça marche vraiment bien!», s’exclame-t-il.
Selon lui, la mise en application du programme se fait surtout au niveau des pratiques culturales.
Il précise aussi que le club de golf a dû ouvrir un important budget pour mener à bien l’opération, dont l’embauche de personnel supplémentaire et l’achat d’équipement.
Service exceptionnel
Enfin, le troisième prix remis lors du gala, à savoir la Reconnaissance pour service exceptionnel, a été décerné à M. Robert Côté de O, J. Compagnie.
Ce passionné a une feuille de route bien remplie. Avant de se joindre à O. J. Compagnie, il a œuvré comme surintendant dans plusieurs terrains de golf au Québec comme celui d’Arvida, du Lac St-Jean, de Saint-Michel-de-Bellechasse, de Baie Comeau et de Ste-Pétronille. Il avait au préalable débuté dans le monde du golf en participant, en 1978, à la construction du parcours Lebel à Quévillon.
Durant ces mandats comme surintendant, Robert Côté s’est distingué par une approche structurée et orientée sur la performance, axée sur l’excellence agronomique, l’optimisation des coûts, la gestion durable des surfaces de jeu et la livraison de conditions de jeu supérieures pour les membres et les visiteurs.
Parallèlement à ses fonctions opérationnelles, il s’est s’impliqué activement dans la gouvernance de l’industrie. Il a agi à titre de directeur de l’ASGQ (Association des surintendants de golf du Québec) de 1999 à 2009, et assumé la fonction de président de 2006 à 2007. À ce titre, il a contribué à l’avancement des standards professionnels, au renforcement du réseau des surintendants et au développement à long terme de la profession au Québec.
En 2007, il a effectué une transition stratégique vers le volet commercial en devenant représentant pour Plant-Prod Québec (2007–2010), où il a mis à profit sa crédibilité terrain et sa compréhension fine des enjeux clients pour bâtir des partenariats durables et soutenir la croissance des marchés.
C’est depuis 2011, que Robert Côté œuvre à titre de représentant pour OJ Compagnie. Il y joue un rôle clé dans le déploiement de solutions agronomiques performantes, l’accompagnement technique des clients et le développement stratégique des marchés golf et horticole. Son profil hybride — opérationnel, associatif et commercial — fait de lui un partenaire d’affaires de confiance pour les décideurs et gestionnaires de l’industrie.
Par Martial Lapointe
Journaliste